Au début de la crise, les français étaient plutôt complexés et frustrés vis-à-vis de leurs dépenses. Pourtant, ils ont fait preuve d’une qualité qui est celle de l’adaptation. Il a fallu un temps, certes, pour cesser de ruminer. Le pouvoir d’achat, le pouvoir d’achat… (ces deux mots ont même généré deux fois plus d’articles de presse en 2007 qu’en 2005). Mais il n’est pas resté longtemps passif : la plupart ont en effet changé de mode de consommation sans pour autant se priver.

Pour commencer, tous sont devenus plus attentifs. La comparaison des prix et des offres est devenue quasi-systématique, les achats qui ne sont pas considérés comme nécessaires cessent. On attend les dernières démarques des soldes pour s’offrir un petit extra.

Mais désormais, on a recours également au fameux « système D ».

Les achats d’occasion sur internet (Ebay, Leboncoin) sont devenus très courants. Une manière par exemple de s’(e) (ré)équiper en produits de marques fiables (les marques anciennes ne sont-elles pas celles qui durent le plus ?) et de faire des affaires grâce au système d’enchères et de négociations. De manière plus générale, l’achat par internet est de plus en plus préferé, car il offre des avantages au consommateur : plus rapide, plus économique (en fonction des offres). Des entreprises se spécialisent dans cette vente par internet (ex : Carrefour drive, etc..) afin de répondre à cette nouvelle demande

Le « home-made» aussi est de plus en plus pratiqué. Parfois, c’est d’avantage une stratégie marketing qui s’appuie sur le désir des consommateurs de redécouvrir le bonheur du « fait soi-même », à l’heure où tout produit de grande surface ou presque est industriel. Mais c’est souvent un moyen d’éviter les dépenses tout en consommant des produits sains. Exactement comme le veut la tendance générale illustrée par le leitmotiv : « consommer moins, moins cher et mieux ». Sur le même principe, il existe également le Do It Yourself (DIY), une tendance créative assez populaire aujourd’hui. On retrouve le DIY sur beaucoup de sites et de blogs, et y sont partagées des astuces pour associer style, économies et bien-être au sein d’une consommation quotidienne.

DIY t-shirt façon Prada

Le DIY au service du style

La consommation maline  passe aussi par le partage et la solidarité entre consommateurs. Pour cela, on a recourt à divers stratagèmes : co-voiturage, troc et autres systèmes d’échanges de biens. On remarque par ailleurs une croissance des association solidaires tel que les restaux du coeur ou le secour populaire mais aussi des actions socials à l'échelle locales: Café ou Baguettes suspendu.

http://paris-ile-de-france.france3.fr/2014/01/02/les-boulangers-parisiens-qui-proposent-la-baguette-solidaire-387265.html video

Cette consommation optimisée et partagée a aussi une dimension écologique car elle limite le gaspillage. Pour citer d’autres exemples, on a d’abord le système de la « baguette suspendue ». Ce concept hérité d’Italie, se base sur  une idée toute simple : deux baguettes payées, une de gardée et l’autre offerte aux plus démunis. Ce système est également employé dans les cafés (les « cafés suspendus ».) Il y a également les « Repair Cafés » (idée venue des Pays-bas), qui visent à lutter contre l’obsolescence programmée des objets du commerce, en réunissant dans des ateliers de réparation des bricoleurs amateurs pour remettre à neuf ces appareils du quotidien de plus en plus « kleenex» (à usage unique, ou presque).

Affiche parisienne pour un Repair Café

Toutes ces pratiques alternatives se basent sur des aspirations communes : retour à une relative simplicité et aux produits fondamentaux, à du « plaisir accessible ». On peut trouver de commun à toutes ces pratiques qu’elles allient satisfaction procurée par le produit et satisfaction d’économiser, que parfois accompagne le sentiment valorisant d’agir pour la planète. Certains, nous allons le voir, vont plus loin dans cet engagement du consommateur.