Notre siècle moderne est marqué par la crise. Il est aussi caractérisé par une crise des valeurs. La religion a perdu la première son influence dans la société, au XIXème siècle, lorsqu'elle a été séparée de l'Etat. Puis, après 1970, ce fut au tour des institutions politiques et économiques qui faisaient la croissance. De désillusion en désillusion, la consommation semble jouer le rôle de substitutà ces institutions discréditées, en se faisant le reflet des valeurs des français. C'est en effet, aujourd'hui, un des moyens les plus accessibles pour exprimer un état de pensée

C'est le cas avec l'altermondialisme, une large dynamique composée de plusieurs types d’acteurs sociaux : mouvement des « sans » (logement, travail, papier) féministes, écologistes … Ceux-ci mènent différents combats sur de multiples fronts. Comme leur nom l’indique, ils se battent contre les effets pervers de la mondialisation et donc par analogie contre les dérives de la consommation. Un de leurs mots d’ordre est en effet : "Le monde n’est pas une marchandise". Les altermondialistes étaient à l’origine appelés "antimondialistes". Mais ils se sont vite heurtés à la réalité : il est impossible de lutter contre la mondialisation. Parmi leurs actions les plus marquantes en faveur d’une consommation plus rationnelle, prenons l’exemple de l’affaire du McDonald’s de Millau en 1999. La Confédération paysanne menée par José Bové a entrepris de saboter le chantier de construction du restaurant, emblème de l’américanisation, de la "malbouffe" (expression de Bové) et des OGM.

Donc, si la consommation peut s’apparenter à une nouvelle religion, rappelons que dans chaque religion, comme dans chaque mouvement politique ou chaque doctrine économique, il existe des extrêmes. Ainsi, peu à peu, on passe du côté des "alters" à celui des "antis". L'épanouissement en tant qu'individu qui vit et consomme viendrait alors de moins en moins du sentiment de construire la société, et de plus en plus de sa détruction partielle et de sa contestation.

Face aux excès qui ont causé la crise et que la crise a continué d’engendrer, certains ont en effet choisi une voie encore plus radicale, c’est-à-dire la dénonciation et le refus catégorique des modes de consommation modernes. La critique de la "société de consommation" est une sorte de mal du siècle éprouvé par presque tout le monde, mas certains vont plus loin et font de la révolte un mode de vie à part entière. Selon eux, la meilleure attitude à adopter face aux méfaits de la consommation reste à s'y opposer par tous les moyens possibles, des manifestations publiques au vandalisme, en passant par la musique et le street art. Et, parfois à former des communautés restreintes et coupées du reste de la société.

Un message anarchiste 

Un groupe de vegan straight edge, des anarcho-punks végétariens

D'une manière assez proche de celle des consommaCteurs, les partisans de l'anticonsommation/ capitalisme/ consumérisme (etc...) trouvent la voie qui leur convient en s'engageant "contre le système". La liberté de pensée est une richesse en France, et tout courant de pensée, qu'il soit de droite, de gauche, écologiste ou anarchiste ou les deux, contribue à faire évoluer les mentalités et les moeurs. Cette pensée anticonsommatrice est un message, un cri plus virulent que les autres, qui doit être pris en compte pour que la société avance dans le bon sens. Même si s'opposer de manière si marquée peut parfois avoir des aspects contradictoires. Car nous sommes tous obligés de consommer, et nous sommes tous des êtres humains qui recherchent, consciemment ou inconsciemment, une certaine part de bonheur matériel.

Minute Papillon #08 Les Hippies

Ici, le podcasteur montre que le discours anticapitaliste peut se contredire